26 juil. 2012

Route 37 sud - mardi 24 juillet 2012

Nous quittons le camping avec deux angoisses au cœur : pas de dump ! Et toujours le témoin d’huile allumé !

Tentons un téléphone à Fraserway depuis Good Hope Lake : sans succès.
Petit arrêt à Jade City (y manquait plus que ça… de la jade maintenant). Oui, une bague !


La route est sauvage, magnifique, beaucoup d’épilobes et de « horse tail », c’est fou ce que c’est joli ensemble, cela fait un superbe tapis. Nous ne sommes plus à l’affût des animaux, nous en avons vraiment vu beaucoup et s’il y en a ce sera un cadeau.

Premier cadeau : un petit cabri qui lèche la route nous amusera par ses facéties !


Deuxième cadeau : un cheval sauvage.

A Deaser River le téléphone fait à Fraserway est fructueux. Il ne faut pas tenir compte du voyant ! Bon. On s’est fait du mouron pour rien…


Je conduis un moment, mais la route est étroite et pas marquée. Je roule mal, je ne voudrais pas me croiser ! Le Loup y met fin et c’est une excellent idée parce qu’un long bout de travaux se profile.


Nous stoppons à côté d’une dame qui nous demande de le faire, et, en attendant la « pilot car » qui nous guidera sur cinq kilomètres.



Cette dame vient du Nouveau-Brunshwig avec son chien Rex. Nous piquons une bonne jasette avec elle. Il est difficile de se plaindre de nos horaires de travail quand on entend les siens : de 6h00 jusqu’à en tout cas 22h00 ! Sacrée journée. Elle est adorable et nous passons un bon moment.

On se croirait chez nous dans les Alpes, en revanche pour faire des travaux de cette ampleur (défrichage d'arbres) ça nous prendrait quinze ans !
Comme on en a plein les bottes on a trouvé un lodge « Bell II » qui fait notre affaire.





Ce soir on se fait beau, on mange au lodge, il y aura un buffet !



Retour à la civilisation avec un va-et-vient d’hélicoptères…

Petite escapade au Yukon – 23 juillet 2012

Le resto hier soir c’était parce qu’il y avait une interdiction de faire du feu, l’alerte incendie était au maximum : « extrême ».
Les moustiques au Yukon sont terriblement nombreux et costauds. Il faut absolument se pschitter au « Off Régions Sauvages » ça marche pendant environ 8 heures, puis renouveler l’opération.

Les Yukonnais sont très vigilants sur la santé, en tout cas en ce qui concerne la cigarette, le paquet est le double par rapport à la B.C.
- J’veux pas cafter, mais le Loup s’est remis à fumer. Je vous laisse apprécier….

 
Un cappuccino est dégusté dans un très beau camping, le Nugget. En plus sympa.

La réparation des routes se fait par un bonhomme armé de goudron et d’une truelle  qui commence sa carrière à Watson Lake et quand il arrive à Dawson City il prend sa retraite !

Quelle belle route, pleine d’épilobes et de graminées.


Un ours noir est vu à trois mètres. Très coopérant l’ours, il mange, il marche, il s’assied. On a tout en photos ou en film. Nous pensons même qu’il va traverser la route, mais il trouve un buisson de shéperdies, petites baies sauvages dont il raffole.



Le Loup déclare que les plus belles photos sont prises le matin, moi Chaton, je décrète que les plus beaux ours sont vus à midi. Il me reproche gentiment le temps passé sur internet. C’est pas que j’y passe tant de temps, mais les liaisons sont si difficiles et si lentes…

Une zone de travaux est annoncée, en effet, la route a disparu. Elle a été emportée par une coulée de boue.
Visitons Rancheria Falls, petites mais superbement aménagées en pleine forêt boréale.


Petite salade et fromage, et ensuite la mort dans l’âme nous faisons demi-tour. Nous n’avons pas assez de kilomètres pour aller plus loin et pas assez de temps non plus. Et si jamais on continuait encore, l’appel de l’Alaska serait trop fort.

C’est moi qui conduit et tout à coup on croise une voiture, dont le conducteur nous brandit par la fenêtre un petit panneau « Stop ». Je m’arrête et il nous signale un convoi exceptionnel et nous suggère d’attendre avant le pont pour le laisser passer. Vu le gabarit nous obtempérons volontiers.

Nous arrivons à Jonction 37, la bifurcation pour redescendre en B.C. Prenons de l’essence encore bon marché et départ. Le voyant d’huile s’allume, U-turn. Garage. Vérification. Il y a assez d’huile. Repartons. Le voyant s’allume toujours. Tant pis pour lui.

La route 37 !! Sauvage, vraiment. Etroite, aussi. Défoncée, sûr ! Nous sommes effrayés lorsqu’ils  annoncent des nids-de poule.  Pour le quad, c’est facile, ils peuvent en faire directement sur elle. Il y a aussi beaucoup de « bumps » annoncés et c’est toujours surprenant parce que nous sommes déjà secoués comme des pruniers et on nous informe que ça va être pire… C’et un peu comme les trous en formation des Français.
Nous avons déjà le cœur lourd de quitter le Yukon, mais les kilomètres de forêt calcinée n’arrangent rien. On a toujours l’huile allumée. Bonne ambiance. Enfin il pourrait pleuvoir…
Nous avons l’explication de nos journées si longues, nous  avions passé le 60ème parallèle.

Moi j’avais un peu la trouille entre la route, le RV, le sauvage, le brûlé, mais pour nous récompenser le camping annoncé, le seul tout de même, est splendide, au bord du GOOD HOPE Lake (je vous laisse juge de l’humour local !)



Nous y sommes vraiment bien installés sur un promontoire avec accès privé au lac. Le plus beau spot du camping, le n°15 à Boya Lake Provincial Park.




Ce soir spaghettis-salade.
Et demain la diane sera sonnée tôt, car 470 km nous mènerons au seul camping suivant.



23 juil. 2012

Chanel

Un petit bonjour très matinal, avons peu dormi, le soleil était là jusqu'à 21h30 et de nouveau vers 4h00. Un début de soleil de minuit.

Un immense merci pour toutes les nouvelles de Chanel. Sandra nous avait répondu vite, mais vous ne pouviez pas le savoir. Notre chatoune est devenue une star, tout le monde prend de ses nouvelles, Sandra doit croûler sous les téléphones...
En réalité Chanel nous a fait une terrible comédie. Et ce n'est pas la première fois. Quand nous partons au Canada,  elle le sent et essaie toujours de nous dissuader par tous les moyens les plus fourbes qu'elle puisse trouver. Mais là nous l'avons bien eue, elle a une nouvelle amie près d'elle.
Donc elle va très bien, n'est plus à l'agonie comme avant notre départ, elle participe activement à la vie de sa nouvelle compagne. Chameau de chat !
On est bien heureux qu'il en soit ainsi.

Merci et gros bisous à tous et toutes.

Watson Lake – dimanche 22 juillet 2012

Ce matin nous sommes partis tout guilleret.
En route pour le Yukon !
Passons un pont en caillebottis comme les Canadiens en ont le secret (je déteste passer dessus, j'ai toujours l'impression de déraper).


Le Loup conduit et je me mets à chanter : « Où sont les ourses,  avec leur geste plein etc… » sur  la fameuse chanson de Patrick Juvet.  Le Loup se marre….
Summit Lake, 1300 m. quel bel endroit, que c’est beau quand le soleil brille. Nous nous y étions arrêtés pour dormir il y a six ans et ça m’avait paru sinistre.

Une belle montagne surplombe le lac, nous l’aurions bien gravie, mais le lieu est, paraît-il, infesté d’ours.

On voit que l’on se rapproche du pôle, le soleil nous éclaire de plus en plus longtemps.

En longeant un lac nous effrayons un petit moose. Il court un moment à nos côtés, puis traverse la route devant nous en faisant : clop, clop, clop avec ses sabots.

Les Northern Rockies ont très peu de végétation, du beau rocher, sont magnifiques, frôlent les 3000 mètres. Muncho Lake provincial park, fabuleux….Lac avec quelques bateaux, mais sinon très sauvage. Y pick-nickons avec un immense plaisir, un écureuil nous donne le bonjour.
Sommes ravis de notre halte, d’autant que l’arrêt précédent au Northern Rockies Lodge n’a pas été agréable. C’est un hôtel avec lodge, très beau, vraiment une image d’Epinal, mais l’accueil n’est pas à la hauteur. Si en Suisse il ne choquerai pas, ici au Canada ça nous choque et ne nous plaît pas. C’était déjà le cas en 2006.


Après les Rockies la route devient plus riante.


Une chèvre toute seule est aperçue. Puis des bisons. Un premier, puis un petit troupeau de cinq avec un bébé.
Il fait une chaleur épouvantable, 31°. Une forêt d’épinettes et de bouleaux a brûlé sur des kilomètres.






Muncho Lake ! Un arrêt pique-nique. Endroit magnifique, avec au loin une montagne en tête d'indien. Malheureusement trop loin pour être photographiée.










Nous sortons tout sous les yeux d'un écureuil très curieux. Sommes attaqués gravement par les moustiques nous remportons tout dans le RV



 

Prenons de l’essence dans le premier bastion du Yukon, elle est nettement moins chère qu’en B.C. jusqu’à 0.70 centimes/litre de moins. La dame qui nous la vend doit s’ennuyer mortellement, alors le Loup lui raconte plein  de trucs qui la font rire : qu’en Suisse ce sont les femmes qui lavent les pare-brise, sauf s’il y a un gifts shop… Et elle a l’audace de rire…


A partir de là nous verrons trois ours noirs à trois cent mètres d’intervalles en bordure de route, puis des chevaux sauvages, re-bisons. Décidément s’il y a des années à fruits, 2012 est une année à voir des bêtes sauvages !



Watson Lake ! Nous sommes tellement heureux d’être au Yukon ! Ma province préférée, tout de suite suivie par le Québec.

Il est plus facile de faire un voyage au Québec, que B.C. et Yukon.
Trouvons un camping avec tous les services, en même temps, pour tous, ce qui est royal !


Un fish&chips dans le resto chic du coin, Andrea’s hôtel, qui correspond à une cantine d’ouvriers…


Vive le Yukon !

Une balade digestive sera effectuée pour digérer au bord du First Wye Lake. Superbe, envahi de moustiques, je me demande encore comment font les gens pour pique-niquer ici. En plus on peut s'y baigner !?!





















Le lendemain matin après une bonne nuit de sommeil, les signs post (avec quelques vieilles machines) et les gifts shop sont visités, dans les règles !





Tetsa River lodge - 22 juillet

J’ai oublié de vous dire, j’ai de nouveau l’homme des bois, sommes-nous de nouveau au Népal ?

Avons donc évité soigneusement la route menant à Fort Liard  (NWT)et sous un soleil de plomb 33°, avons courageusement poursuivi notre périple. La montée d’un col s’est effectuée sur une route en réfection avec des gravillons libres partout, on ne voit que l’immense nuage de poussière du gros camion qui nous précède et cela pendant une dizaine de kilomètres. Nous avons dû fermer les fenêtres, nous sommes en nage, l’air est irrespirable et nous n’avons pas d’eau.
On y voit de nouveau, il n’y a pas un ours dans ce coin-là, ils ont dû se prendre un gravillon dans l’œil, se dire : "tant pis pour les touristes", et préférer aller se réfugier tranquillou à l’ombre des épinettes !

Peu avant le sommet du col les camions ont dû s’arrêter pour contrôler leur frein et le Loup les dépasse tous. Il tombe 3 gouttes, le ciel est  noir. Ca sent bon. Mais le soleil réapparaît encore plus vigouste.
La vue est impressionnante et belle, que des montagnes, petits canyons.

Un truc étonnant que cette vérification de freins. Les routiers s'arrêtent, descendent de leur camion, en font le tour, les flattent de la main et remontent. On a pas bien compris à quoi cela rimait. Il n'y a aucune machine, personne qui leur demande quelque chose. Ils s'arrêtent, voilà, et se dégourdissent les jambes.

Et enfin le camping : Tetsa River Lodge et ses buns à la cannelle.
L’accueil est sympa, ce n’est pas cher et le type nous apporte des buns énooormes avec un café. On est bien lestés !
C’est très bonne franquette, propre et vraiment sympa et rigolo. Vaut le détour.
Ce qui vaut aussi des ronds, c’est que le patron nous dit que pour l’électricité on ne peut brancher qu’un appareil à la fois. Ce qu’il omet de dire c’est que c’est un appareil pour tout le camping ! Ca met une bonne ambiance…
Ici tous les services sont comme le courant alternatif, ça va , ça vient….Hier plus d’eau…ce matin de nouveau…

Petite marche digestive pour nous et apéritive pour les moustiques. Nous cherchons la Tetsa River. Le chien du camping nous guide, enfin nous le  pensions, on s’est retrouvé dans  un drôle de truc au milieu de nulle part où il n’y avait pas du tout de rivière. Et là il nous regardait en rigolant, si, si j’vous jure, même qu’il doit mettre des encoches dans sa niche pour dire : Hé, hé, j’ai encore eu deux couillons de touristes…

Avons rencontré un couple de Zurichois charmants, nos voisins de camping, Ils viennent de prendre leur retraite et sont partis de Calgary, remontent sur Dawson City, Fairbanks, Anchorage, Whitehorse et retour, tout cela en 2 mois. J’en bave d’envie…

21 juil. 2012

Fort Nelson - 21 juillet 2012

 Nous avions hier une température de 27° et un orage était annoncé, il est venu ce matin, il ne fait plus que 15°.

Nous avons de bonnes bouilles, l’air reposé, enfin surtout moi, les rides ont déserté nos visages. Trop cool !
Le type du parc nous a déposé nos 2 vignettes sous l’essuie-glace, on a rien entendu, on devait dormir comme des loirs.
Il ne doit pas y avoir beaucoup d’ours dans le coin, car tout le monde laisse ses bouteilles sur les tables. On est pas habitués.

J’ai essayé de téléphoner à Maman avant de quitter le camp à 8h00, soit 16h chez vous, mais elle devait être en balade avec mon frère, et quand j’ai réessayé plus tard… je n’avais plus du tout de réseau. Dommage. Enfin c’était juste pour lui faire un bisou.

Le long de l’Alaska HWY deux cerfs courent à côté de nous, plus loin un autre a été fauché…
Toujours des ranchs et des champs à perte de vue. Croisons deux wagons-citernes en convoi exceptionnel.
Le paysage change complètement, les épinettes nous entourent de partout. Il y a juste les dix mètres de chaque côté qui donnent un peu d’espace. Je pensais que ces vingt mètres étaient là pour faire ceinture coupe-feu, je ne suis pas sûre que ça soit leur seule utilité, cette largeur permet également de voir les bêtes qui sortent des forêts.
Un camion n’a pas eu cette chance, un moose a été touché et est mort. Le camion était complètement amoché… Donc prudence, je lève le pied, j’avais tendance à rouler vite et dépasser tout le monde, (non je vous dirais pas à combien je roulais), ça m’a bien calmée (n’insistez pas, je ne vous dirai PAS !).

Parvenus à  Fort Nelson (nous faisons là la jointure avec notre voyage de 2006 où nous nous étions arrêtés là) assez tôt nous avons l’option de rester sur place et faire notre ménage, ou continuer encore… J’avais même envie de pousser jusqu’à Fort Liard en Territoires du Nord-Ouest, partir vers la Nahanni,  mais c’est 4 heures de piste. Trop long. Vraiment dommage…

Nous poursuivons notre périple vers le nord :

Vers Dawson Creek - 20 juillet 2012

Revenons sur nos pas, avions quittés la 97 North et départ pour Dawson Creek. Nous avions été en 2006 à Dawson City, marrants tous ces Dawson…Retrouvons de vieux copains les magasins IGA, comme au Québec.


Au Visitor Centre de Chetwynd nous sommes chaleureusement accueillis, l’ordinateur nous est prêté (c’est pour cela que les accents ont disparus dans mes mails : clavier américain). J’ai réussi à m’enfermer dans les toilettes.  Ah la la… Quelle aventure ! Le Loup se voyait déjà expliquer à Jeanne-Mo que je ne pouvais plus sortir, que j’étais coincée à Chetwynd, etc…d’où notre retard, etc…ça s’invente pas…
Un petit repas de midi dans notre camion en raison des moustiques.


Dans le grand nord, les gens sont extrêmement gentils, on peut tous avoir besoin les uns des autres, alors…
Nous sommes très fiers, nous avons reçu des passeports touristiques, on nous colle des petites vignettes à chaque passage dans les Visitor Centre ou campground dans les parcs (c’est dommage qu’on ne l’ait pas su plus tôt).

Depuis Dawson Creek nous sommes sur l’Alaska Hwy. Le mile « 0 » démarre de là.

C’est très étonnant j’ai toujours imaginé le nord avec des grandes forêts boréales, mais là nous sommes dans  une immense zone agricole. Des ranchs de temps en temps, des champs de foin ou de colza à perte de vue……
Nous avons d’ailleurs croisés 4 vaches qui longeaient la route et se grouillaient de rentrer, elles ont fait la fête trop tard et n’ont pas vu l’heure ! Vont se faire engueuler !
Sur une crête 23 éoliennes. La ville est également entourée d’une ceinture coupe-feu.

Sur la route les Canadiens ne sont pas respectueux des lignes continues, en revanche ils sont extrêmement vigilants sur la vitesse. Jamais d’excès.

Nous avons croisé un gros silo à céréales en convoi exceptionnel !


Plus tard ce fut le tour d’une maison !

A Taylor, nous sommes allés chercher notre vignette au V.C. et Rita nous a reçu et gardé, à tel point qu’on se demandait si on aurait encore le temps de visiter tout ce qu’elle nous avait conseillé. Elle était ravie de parler français avec des Suisses, son mari est de Winterthour ! Comme il y a à côté de Taylor une immense usine à gaz, dont les vapeurs arrosent la ville, nous avons supposé que ces vapeurs donnaient aussi la tchache…

Sommes maintenant à Fort St-John dans un provincial park (avons oublié de demander la vignette, on devient déjà étourdis). Comme nous attendons le type qui doit nous inscrire et nous vendre du bois, notre voisin voyant cela, arrive avec son bois pour qu’on puisse commencer à faire nos braises. La gentillesse désintéressée des Canadiens n’est pas un mythe. Ils sont tout simplement adorables. Nous avons piqué une petite jasette avec lui. Il est de Fort St-John et est passé à Lausanne lors de ses vacances en Europe. L’était très mignon avec de beaux yeux bleux, devait être menuisier à voir comme il avait préparé son feu.
Ce soir ptit saumon au feu  de bois, maïs, salade, café. Dodo, nous avons de la route à faire pour aller jusqu’au Yukon…


 

Prince Georges - Mackenzie 19 juillet 2012

De tous les services (eau courante, électricité et tout à l’égout), c’est l’électricité que nous retrouvons avec le plus de plaisir.
Hier nous avons pu allumer partout, en chargeant les portables, le notebook, les appareils photos et la caméra, se refaire des rôties. Que c’était simple, nous les apprécions d’autant plus.
Bon, on peut pas dire que l’eau courante soit banale non plus. Une vraie  douche dans un grand aménagement de douche (et non pas en petit dans le RV) c’est juste divin.

Une des choses que j’ai de nouveau le loisir de faire, c’est lire (j’abandonne mes bouquins terminés dans les campings ou les Visitor centre. Des livres en français sont rares). Quel bonheur ! A Genève ou St-Luc, je suis toujours pressée, mille choses m’occupent.
-         Interruption pour cause de chasse aux moustiques. Touchés, coulés !
La possibilité aussi de ne rien faire, de contempler, de parler tranquillement avec mon Loup sans stress (et lui de m’écouter tout aussi tranquillement, sans stress !), des moments rares que même nous, montagnards, n’arrivons pas souvent à nous octroyer sauf en refuge.

Je vous laissais sur une grande question, où allions-nous nous diriger ?
Vers le nord ! Nous montons en direction de Mackenzie sur la 97 Hwy.
Une ferme de pionnier (The Huble Homestead) construite en 1909 dans un coin complètement isolé, avec des ours mentionnés (il faut  descendre 400 mètres à pied, je suis pas tranquille du tout, je regarde partout), retiendra un long moment notre attention.



La façon de vivre à l’époque est très bien décrite, le grenier (genre raccard valaisan en plus petit, et c’est pour éviter que les ours viennent se servir, pas les souris, bien sûr)



est perché sur 4 piliers recouverts en aluminium. Plus loin une délicieuse glace vanille + des fraises nous sera servie par une délicieuse jeune fille rougissante dans le magasin général. On y entend un gazouilli, des oiseaux ont fait leur nid.

Ils organisent pour les enfants de 7 à 10 ans des camps de pionniers d’un jour. Ils devront se débrouiller en costume d’époque et faire tout ce que faisaient les gens de l’époque.
Le paysage change, la forêt boréale nous entoure à perte de vue. Nous adorons ça. Un arrêt au Bear Lake pour une trempette de pieds nous ravira jusqu’à ce qu’on lise qu’il faut absolument bien se doucher ensuite pour éliminer les puces urticantes….Mais ça sent bon le pin.


Les femmes sont toujours aussi inconscientes, elles se vaporisent à l’huile solaire sans protection…
Un autre arrêt au bord d’un lac pour un grignotage. Nous croisons énormément de camions chargés de grands troncs d’arbres
Et Mackenzie…Petite ville…avec un quartier résidentiel assez mignon. Petites maisons pimpantes avec de gros RV, grosses voitures et gros bateaux et évidemment pelouses à l’anglaise ! Ils doivent se tailler dès qu’ils ont congé.
Les Canadiens adorent avoir des trucs qui soient le + du monde ! Et ils ont leur Tourneau : 2 énormes rouleaux compresseurs crantés reliés par une structure en acier et activés par deux moteurs diesel de 700 chevaux (ça vous intéresse, hein les Filles !).


Le Mackenzie Municipal Campground nous accueille gracieusement. Comprenez : gratuitement. Pour les touristes qui ne restent que 2 nuits et sans les services, c’est gratuit, et en plus il y a des douches spacieuses. C’est plutôt le wifi qui me donne du fil à retordre….
Mais en plus de tout l’endroit est joli et bien conçu. C’est top !
Le Loup est déjà affairé à son feu, ce soir sirloin – patates – crème aigre. Jujunette est ravie car quand il y a de la viande, on boit du vin et non de la bière, ça l’arrange car elle a grossi.

Une grande décision a été prise. Nous n’irons pas sur l’île de Vancouver, trop de monde, trop compliqué en RV, pas envie de perdre du temps avec les ferries. Nous avons entendu l’appel du Grand Nord.

Il est étonnant de voir l’impact qu’a sur nous cette partie du Canada. Nous nous sentons complètement à l’aise et agréablement solitaires.
(Faut que quelqu’un m’enlève ces chips au sel et vinaigre ! Ce truc-là c’est comme les cacahuètes salées…)
Aucune envie de repartir vers la foule, plutôt l’envie d’atteindre le Yukon qui nous manque.

19 juil. 2012

Prince Georges - mercredi 18 juillet 2012

Dans pas mal de villes du Canada on a pu constater qu’il y a un beau côté qui doit être vu, et un moche qu’il faut ignorer. Le beau côté : gazon bien coupé, petits meubles de jardin mignons, entrée accueillante. Et derrière les poubelles, les fils électriques, le gaz, le rebus de vieux meubles, etc.. c’est un peu dommage.
Nous quittons les Rocheuses et l’Alberta. Nous quittons aussi l’essence bon marché, pour celle de B.C. où il faut la payer d’avance. Qu’est-ce qu’ils ont dû se faire arnaquer pour en arriver là ! Les gens devaient faire le plein ….et partir….

Il fait un temps magnifique, nous l’amenons avec nous et  le Mont Robson nous apparaît dans toute sa splendeur, presque 4000 m. le plus haut de B.C.




Petit casse-croûte au départ d’un trail Berg. Un grand panneau indique la marche à suivre aux alpinistes qui partent faire le Mont Robson. Ils doivent remplir un formulaire en double exemplaire indiquant leur projet. Ils laissent le feuillet blanc dans la boîte ad hoc et au retour doivent y déposer le feuillet jaune. Si pas de feuillet jaune les secours se mettent en branle.



Le Loup me laissera le volant durant 2 heures et il s’endormira, malgré la country music.
Je deviens pro, une future Fangio grâce aux bons conseils du Loup. Je passe avec aisance de l’automatique au manuel tow/haul. Je dépasse d’autres RV conduits par des hommes, hi hi, et même des gros camions !!!
La Yellowhead Hwy, route n°16 vers ouest qui développe ses épinettes et ses usines à moustiques à l’infini comme au Yukon.
Parvenus à Prince Georges, ville de premier abord extrêmement moche, un monsieur du Visitor center nous aiguillera sur le RV park situé sur les hauteurs de la ville. L’accueil est très chaleureux, mais la propreté laisse un peu à désirer.  En revanche, fait exceptionnel : il n’y a pas de moustiques.

Voilà, nous avons bien reçu vos messages qui nous font toujours très plaisir et nous sommes également ravis de vous annoncer que Chanel va fort bien, que Sandra la soupçonne de nous avoir joué la comédie (comédie qui nous a amenés plusieurs fois chez le véto !) afin de bien nous culpabiliser avant de partir.

Ce soir nous sommes connectés à tous les services sauf le feu, donc spaghetti en lieu et place du sirloin, pommes de terre – crème aigre.

Demain route vers l’ouest ou le nord, la question reste ouverte !
A bientôt et gros bisous du Chaton et du Loup canadiens.

18 juil. 2012

Jasper - 17 juillet 2012

Bien dormis, pas vu un seul ours de la nuit. Tu parles d’un lot of …. Publicité mensongère. Enfin je dis ça, mais hier j’avais la trouille….
En revanche, en quittant le camp, nous voyons un ours noir qui traverse la route et file dans la forêt.
C’est drôle dès qu’il y a des voitures arrêtées, on dit : Qu’est-ce qu’il y a ? Qu'est-ce qu'ils ont vu ? Où ça ??? 

Arrivés à Jasper.




Cherchons d’abord un camp et le Wapiti fera l’affaire, sans service, mais il y a un truc épatant maintenant dans les parcs, tu mets ton chargeur d’appareil dans un casier, tu mets un dollar, tu refermes et gardes la clé. Quand tu reviens ton matos est chargé. Très cool.
Puis la laverie. Super elle est toujours au même endroit, le wifi en plus.

La dent creuse nous oblige à manger un sandwich. Très gros moment d’émotion pour moi, je vois un monsieur âgé avec un chapeau sur la tête penché sur son déambulateur. Il ressemble tellement à papa que je fonds en larmes au restaurant, sans pouvoir m’arrêter. Ca m’a fait beaucoup de bien.

La route de Maligne Lake débute sous les meilleurs auspices. Un ours noir traverse la route devant nous.



 Plus loin ce sont deux gros caribous qui nous émerveillent d’autant que ce sont nos premiers, nous n’en avons encore jamais vu de visu. Ils ont été réhabilités dans le parc de Maligne et il n’y en a que cent cinquante. Nous sommes vraiment chanceux.

Encore plus loin, une voiture au milieu de la route, + ou - garée…Il y a un petit caribou qui broute.

Maligne lake et son île mythique :





Au retour se sont des mouflons peu farouches qui s’entichent de nous et dont un qui nous lèche les mains.


La chaîne de montagne Colin qui plonge dans Medicine lake est imposante et époustoufflante.
Le lac est très haut, vraiment, les marches qui mènent jusqu’à lui sont sous l’eau. Il tient son nom du fait qu’en octobre il disparaissait complètement , ce n’est qu’au printemps qu’un tout petit ruisseau apparaissait.  L’été avec la fonte des neiges et la pluie, la profondeur pouvait varier de vingt mètres. Les Indiens attribuaient la disparition du lac à un tour de « sorcier-médicin » ou à la magie et ils craignaient le phénomène.


Encore un attroupement et un ours noir qui boullotte en contrebas.

Un petit détour par le lac Annette qui sent l’aneth, si, si, je  vous jure et par le lac Edith. Mais l’orage éclate et nous regagnons Jasper pour un apéro au lounge de l’Hôtel Athabasca : vin blanc, vin rouge + des potatoes skins absolument délicieuses et caloriques +++, tout cela devant quatre TV qui fonctionnent en même temps, sur quatre programmes différents.
Potatoes skin
Ce soir fish & chips au Restaurant Papa George’s. Absolument délicieux.



Et en arrivant au camp des wapitis partout. Au moins une trentaine avec des mamans et des bébés. Ca fait un drôle de bruit le wapiti…Kiki en rapport à la taille.
Cette nuit orage et pluie bienfaisants. Nous dormons encore évidemment bien.